Affaire de la gifle
Je vous propose, avec son autorisation, cette intervention de Michael Specht sur Marianne2.fr, relativement à l'affaire de la gifle du professeur de technologie sur un élève de sixième. Parce qu'elle me paraît équilibrée, parce je la fais peu ou prou mienne.

"Un fils de gendarme qui refuse de ranger son bureau quand le professeur le demande, c'est louche, avant même la prononciation du mot "connard" qui aurait pu être bêtement l'expression de ce que l'enfant entend à la maison --le fils du capitaine Haddock aurait dit "bachibouzouk"-- et avant même la gifle du professeur.

A chaque fois c'est une question de dosage. La gifle à l'élève fut sans doute interdite parce qu'effectivement certains professeurs en abusaient pour masquer leur propre incompétence de pédagogue.
D'ailleurs ceux-là donnaient plus de "beignes" ou de coups de règle que de gifles. Car une gifle en soit n'a rien de traumatisant, surtout quand elle est rare et strictement légitimée, tandis qu'un coup de règle sur les doigts est aussi inefficace que douloureux.
On peut élever un enfant sans gifles, sans fessées, à condition de poser dès le début le bon ton, de ne pas mentir, et surtout de lui offrir en tant qu'adulte un comportement parfaitement cohérent avec ce qu'on souhaite lui enseigner. Quel enfant peut-on attendre d'un parent qui se vente par exemple de dépasser les limitations de vitesse, de cracher sur les institutions, se glorifie d'avoir flouer le Fisc ou de boire avant de conduire ?
Comme cette "perfection" parentale est rare et difficile, nous sommes des humains, une claque de temps en temps peut s'avérer tout aussi utile.

Le malaise professoral serait le symptôme d'un malaise parental et, à mon humble avis, d'une très mauvaise interprétation des travaux psychologiques sur l'enfance et l'adolescence. Car il semble qu'on a confondu l'autoritarisme et l'autorité, le diktat et la loi, la punition et le sévice. Ainsi s'était-on empressé de dénoncer toute forme d'autorité comme une forme d'oppression. La seconde guerre mondiale aurait-elle une certaine responsabilité dans ces confusions ?

L'école devait donner l'exemple à la société, toute forme de violence devait y être bannie, les professeurs ne devaient plus donner de gifles ni sanctionner, mais se mettre à l'écoute attentive d'un enfant en devenir, en construction, jugé naturellement bon. Sauf qu'un enfant n'est ni naturellement bon ni naturellement mauvais, qu'il ne devient jamais ce qu'on espère qu'il devienne en agissant de telle ou telle manière durant son développement. En d'autres termes, ce n'est pas parce qu'on ne lui donne aucune gifle et qu'on l'écoute à longueur de temps qu'il deviendra l'honnête citoyen incapable de barbarismes dont rêve toute société.
En revanche en l'absence de limites il y a de fortes chances qu'un enfant "tourne mal". Encore une fois c'est une question de dosage, car la présence extrême de limites conduit aux mêmes résultats que leur absence.

En l'absence d'autorité parentale (l'enfant est roi à la maison), il reste l'autorité professorale. Mais cette autorité nécessite une crédibilité. Quelle crédibilité l'enfant perçoit-il chez un professeur dénigré par les parents ou la société, mal habillé, commettant des fautes de français, à moitié dépressif parce qu'étant prof par dépit, roulant dans une voiture pourrie (mal payé), tiraillé entre la bétise des iufm et les incohérentes réformes de l'Education Nationale, incapable de répondre aux injonctions d'un voyou ?

Le résultat de ces beaux espoirs pacifiques est la paradoxale présence de plus en plus forte d'une violence scolaire, du côté des élèves cette fois. Jadis on se bagarrait dans les cours de récréation, trois fois rien. Aujourd'hui on blesse des professeurs, on piétine des copains-copines à plusieurs, on viole, on assassine, on raquette, on brûle l'école elle-même. Impensable ! "Et pourtant je n'ai eu de cesse de te nourrir d'amour", disait la mère à son tyran.
Le reste suit, le cinéma s'adapte au goût des enfants rois affranchis de lois : le flic est ridiculisé, le prof est un copain, les adultes sont des vieux cons, l'intellectuel est un fayot, l'industriel un verreux, le riche un mafieux... et surtout on parle fort, on insulte tout le monde et on ne maîtrise pas ses nerfs. Le cinéma donc s'adapte au goût du jour, on ne peut pas le lui reprocher.
A l'époque des bagarres dans les cours de récré, nos Tontons Flingueurs flinguaient, certes, mais il savaient remettre à leur place les enfants impolis.
Pas de passéisme toutefois, hier n'était pas forcément meilleur qu'aujourd'hui. Cependant je trouve aux parents d'autrefois une autorité qui manque considérablement de nos jours. Je ne parle pas d'autoritarisme n'est-ce pas, mais d'une bête autorité parentale."

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En complément, ce sketch pour rire.

Date de création : 08/02/2008 - 19:33
Dernière modification : 12/05/2008 - 10:30
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